Contexte

Pour mieux comprendre la situation particulière de l’accouchement à domicile en France, il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, ce type d’accompagnement concerne moins de 1% des naissances. Sur plus de 20.000 sages-femmes exerçant comme indépendantes ou dans les structures hospitalières (maternités ou cliniques)[1], seulement une soixantaine de sages-femmes le pratiquent encore sur le territoire français[2]. La raison principale de la désertification de ce secteur par les sages-femmes n’est pas liée à leur motivation ou à la demande des parents, mais au fait qu’elles n’ont plus la possibilité de s’assurer pour leur pratique. Le prix moyen de l’assurance demandée à ces sages-femmes est de 20.000 euros, ce qui est supérieur à leur revenu annuel[3].

Celles qui décident néanmoins de pratiquer le font donc « sans filet », ce qui peut avoir des conséquences très graves pour elles ou leurs familles en cas de procès. Ceci sans évoquer les autres pressions exercées sur elles par les instances publiques ou hospitalières pour les décourager dans l’exercice de leur profession. Les parents qui décident d’être suivis par l’une de ces femmes sont également mis sous pression, sans pour autant qu’une autre alternative à l’hospitalisation ne leur soit proposée.

 De par le monde, beaucoup de pays ont choisi d’autres types d’accompagnements pour la mise au monde. Il existe plus de 50 maisons de naissance en Allemagne[4] (il n’y en a aucune en France), 30% des accouchements ont lieu à domicile en Hollande[5], on compte une sage-femme par femme enceinte en Angleterre[6]

Il est important également de préciser la différence entre l’AAD (Accouchement A Domicile) et l’ANA (Accouchement Non Accompagné). Le premier, suivit par un professionnel de la naissance, est très surveillé, alors que le second ne se fait en présence d’aucun professionnel de santé. C’est le cas des personnes qui accouchent trop rapidement pour atteindre une maternité (cas de plus en plus fréquent depuis la fermeture des maternités de proximité) ou des quelques personnes refusant totalement la médicalisation et n’étant pas dans une région où pratique une sage-femme à domicile (situation à haut risque). Aujourd’hui, lorsque des statistiques du nombre d’accidents à domicile sont brandies pour prouver que l’AAD serait dangereux, ces statistiques incluent les accidents liés aux ANA. Ces statistiques ne peuvent donc en aucun cas refléter une réalité sur les risques de l’Accouchement à Domicile suivi par une sage-femme.


[2] Liste des sages-femmes adhérant à l’ANSFL (Association Nationale des Sages-Femmes Libérales) et pratiquant l’AAD – http://www.ansfl.org/medias/doc/110609-Accoucheuses.pdf

[4] “L’appellation : “Maison de naissance”” – Site du Collectif  Interrassociatif Autour de la Naissance (CIANE) – http://www.ciane.info/article-2428214.html

[5] “Accouchement à domicile, risque ou modèle ?” Mémoire pour le diplôme d’état de sage-femme de Cathy Anne PIREYN-PIETTE – 2005

[6] “Les femmes pourront choisir leur lieu de naissance” – Archive d’un article de la BBC du 3 avril 2007 sur le site du CIANE – http://www.ciane.info/article-6268339.html

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